prétendre

ÔĽŅ
prétendre

pr√©tendre [ pret…ĎŐÉdr ] v. tr. <conjug. : 41>
‚ÄĘ 1320; lat. pr√¶tendere ¬ę tendre en avant, pr√©senter ¬Ľ
1 ‚ô¶ Vx ou litt√©r. ‚áí demander, revendiquer. ¬ę Sans vous demander rien, sans oser rien pr√©tendre ¬Ľ (Racine).
2 ‚ô¶ (d√©b. XVe ) Vx Poursuivre (ce que l'on r√©clame comme un droit). Mod. et litt√©r.PR√ČTENDRE √Ä : aspirer ouvertement √† (ce que l'on consid√®re comme un droit, un d√Ľ). ¬ę Personne ne peut mieux pr√©tendre aux grandes places que ceux qui ont les talents ¬Ľ (Vauvenargues). Pr√©tendre √† un titre, √† une responsabilit√©, √† un salaire sup√©rieur, les revendiquer. ‚ÄĒ (Avec l'inf.) Vieilli ¬ę Sans pr√©tendre √† vous obtenir, je m'occupai de vous m√©riter ¬Ľ (Laclos).
3 ‚ô¶ Cour. Avoir la ferme intention de (avec la conscience d'en avoir le droit, le pouvoir). ‚ÄĒ (Avec l'inf.) ‚áí 1. vouloir. Je pr√©tends √™tre ob√©i (cf. Se flatter de). Que pr√©tendez-vous faire ? ¬ę Je pr√©tendais courir une aventure qu'aucun autre encore n'e√Ľt courue ¬Ľ (A. Gide). ‚ÄĒ Je ne pr√©tends pas avoir raison √† tout prix, je n'en ai pas la pr√©tention. ¬ę Je ne pr√©tends point me d√©fendre ¬Ľ (Moli√®re). ‚ÄĒ Vieilli Pr√©tendre que. ¬ę Tu pr√©tends [...] que j'endure √©ternellement tes insolences ? ¬Ľ (Moli√®re).
4 ‚ô¶ (1380) Affirmer avec force; oser donner pour certain (sans n√©cessairement convaincre autrui). ‚áí d√©clarer, soutenir. Il pr√©tend m'avoir pr√©venu, qu'il m'a pr√©venu. ¬ę Tu pr√©tends √™tre fort habile ¬Ľ (La Fontaine). ¬ę Vous venez pr√©tendre ensuite que vous ne m'avez pas questionn√© ! ¬Ľ (Courteline). En pr√©tendant que (cf. Sous pr√©texte que). ‚ÄĒ Est-ce vrai, ce qu'on pr√©tend ? √Ä ce qu'il pr√©tend... : √† ce qu'il dit (mais je n'en crois rien). ‚áí soi-disant. ‚ÄĒ (Suivi du subj. avec n√©gation ou interrog.) Je ne pr√©tends pas qu'il l'ait dit. ¬ę Sera-t-on fond√© √† pr√©tendre que Racine n'ait pas su caract√©riser les hommes ? ¬Ľ (Vauvenargues).
5 ‚ô¶ Pronom. SE PR√ČTENDRE : affirmer que l'on est. Il se pr√©tend l√©s√© dans ce partage. Ma fille ¬ę qui s'est faite abbesse et qui se pr√©tend l'√©pouse de J√©sus-Christ ¬Ľ (J. Aurenche et B. Tavernier, ¬ę Que la f√™te commence ¬Ľ, film).

‚óŹ pr√©tendre verbe transitif (latin praetendere, mettre en avant) Affirmer quelque chose, le donner pour vrai : Je ne pr√©tends pas qu'il ait (ou qu'il a) dit cela. Il pr√©tend √™tre le seul √† savoir. Affirmer √™tre capable de faire telle chose : Vous pr√©tendez le convaincre. Vouloir quelque chose, en avoir la ferme intention : Il pr√©tend qu'on lui ob√©isse en tout. ‚óŹ pr√©tendre (difficult√©s) verbe transitif (latin praetendere, mettre en avant) Conjugaison Comme tendre. Construction et sens 1. Pr√©tendre √† (+ nom) = aspirer √†, rechercher. Tous les hommes pr√©tendent au bonheur. 2. Pr√©tendre (+ infinitif) = chercher √† ; affirmer. Tous les hommes pr√©tendent √™tre heureux. Je pr√©tends avoir raison. 3. Pr√©tendreque (+ indicatif ou subjonctif) = affirmer. Je pr√©tends que j'ai raison. Je ne pr√©tends pas qu'il l'a dit en ces termes m√™mes. Pr√©tendez-vous qu'il ait raison ? Le subjonctif ne s'emploie qu'apr√®s la forme interrogative ou n√©gative, pour souligner l'id√©e de doute ou de faible probabilit√©. 4. Pr√©tendre (+infinitif) ou pr√©tendre que (+ subjonctif) = avoir l'intention de. Je pr√©tends r√©ussir, et je m'en donnerai les moyens. ¬ę Je pr√©tends que ce livre soit √©crit froidement, d√©lib√©r√©ment ¬Ľ(A. Gide). Remarque : Pr√©tendre est ici assimil√© √† un verbe de volont√©. Mais la construction pr√©tendre que (+ subjonctif) est litt√©raire et assez rare. ‚óŹ pr√©tendre (synonymes) verbe transitif (latin praetendere, mettre en avant) Affirmer quelque chose, le donner pour vrai
Synonymes :
- alléguer
- déclarer
Affirmer être capable de faire telle chose
Synonymes :
- se piquer de
Vouloir quelque chose, en avoir la ferme intention
Synonymes :
- se flatter de
- tenir à
‚óŹ pr√©tendre verbe transitif indirect Demander quelque chose, le revendiquer pour soi : Vous pouvez pr√©tendre √† une indemnit√©. ‚óŹ pr√©tendre (synonymes) verbe transitif indirect Demander quelque chose, le revendiquer pour soi
Synonymes :

prétendre
v.
rI./r v. tr.
d1./d Revendiquer de. Il prétend commander ici.
d2./d Affirmer, soutenir (qqch de contestable). Il prétend que j'ai menti.
rII./r v. tr. indir. Prétendre à: aspirer à (ce à quoi l'on estime avoir droit). Il prétend aux honneurs.
rIII/r v. Pron. Se faire passer pour. Il se prétend malade.

‚áíPR√ČTENDRE, verbe trans.
I. A. ‚ÄĒRevendiquer, poursuivre quelque chose comme un d√Ľ, comme la r√©tribution n√©cessaire d'une certaine activit√©, position ou qualit√©. Synon. briguer, exiger, postuler, r√©clamer; anton. abdiquer, se d√©sister, renoncer, r√©signer.
1. Vx. Pr√©tendre + subst. ou pron. Cet amour (...) d'un d√©vouement √† tout p√©ril, osant tout m√©riter et n'osant rien pr√©tendre (MARMONTEL, Essai sur rom., 1799, p.299). L'√Čglise ne saurait pr√©tendre suzerainet√© sur l'Empire: elle n'eut aucune part √† son √©tablissement; aucun titre l√©gal ne l'autorise √† en revendiquer l'hommage (OZANAM, Philos. Dante, 1838, p.183).
2. Pr√©tendre √† + subst. ou pron. Le peuple ne demande que le n√©cessaire, il ne veut que justice et tranquillit√©; les riches pr√©tendent √† tout, ils veulent tout envahir et tout dominer (ROBESP., Discours, Marc d'argent, t.7, 1791, p.166). Ses droits √† pension au regard du r√©gime g√©n√©ral recommencent √† courir √† compter de ladite r√©int√©gration. Toutefois, dans le cas o√Ļ il ne pourrait pr√©tendre √† pension au titre du r√©gime de retraite auquel il a √©t√© affili√© pendant sa mise hors cadre, il pourra (...) solliciter la prise en compte dans le r√©gime g√©n√©ral (Encyclop. √©duc., 1960, p.297).
3. Absol. N'avoir rien à prétendre. Vous êtes un homme de la justice; vous êtes bien pressé de venir mettre les scellés chez nous. On n'a pas besoin de vous; la fille est majeure; et puisque je n'ai rien à prétendre (...) je n'en veux rien détourner (SAND, Jeanne, 1844, p.63).
B. ‚ÄĒ1. Vouloir fermement, se proposer de faire telle chose (avec la conviction d'en avoir le droit, le pouvoir). Synon. entendre, tenir √†.
a) Vx. Pr√©tendre + subst. ou pron. (de/sur qqn.). Il vient un moment triste dans la vie, c'est lorsqu'on sent qu'on est arriv√© √† tout ce qu'on pouvait esp√©rer, qu'on a acquis tout ce qu'on pouvait raisonnablement pr√©tendre (SAINTE-BEUVE, Portr. contemp., t.5, 1846, p.465). Ce que je pr√©tends de vous, c'est de m'aider √† d√©m√™ler quel genre de vie religieuse me peut convenir davantage (GOBINEAU, Pl√©iades, 1874, p.178). Je dis √† Amour, mon ennemi: Toi qui oses, page Menu, pr√©tendre sur moi quelque avantage (MOR√ČAS, P√®lerin pass., 1891, p.75).
b) Vieilli, litt√©r. Pr√©tendre + inf. Un cocher qu'on paie, et qui doit nous mener, non o√Ļ il veut, ni comme il veut, mais o√Ļ nous pr√©tendons aller (COURIER, Pamphlets pol., Au r√©d. ¬ęCenseur¬Ľ, 1820, p.36).
‚ÄĒ Pr√©tendre ne pas + inf. Refuser nettement de. Il ne voyageait pas seul et bien plus il pr√©tendait ne pas √™tre invit√© sans sa compagne (PROUST, J. filles en fleurs, 1918, p.475).
c) Vieilli, littér. Prétendre que + prop. au subj.:
‚ÄĘ ‚ô¶ Au Th√©√Ętre-Fran√ßais, elle [une pi√®ce intitul√©e L'Int√©r√™t g√©n√©ral] garderait, je pense, l'aspect d'une com√©die ¬ęde caract√®res¬Ľ, ce que je pr√©tends qu'elle soit, ce qu'elle est, r√©ussie ou non; plut√īt que d'une satire sociale (ce qu'elle pr√©tendait √™tre d'abord, et qui reste son point faible, car je n'ai pu faire dispara√ģtre compl√®tement toutes les traces de cette premi√®re intention, d√©sastreuse).
GIDE, Journal, 1943, p.252.
2. Prétendre à. Aspirer à telle chose (à juste titre). Synon. ambitionner, convoiter, désirer, rêver, souhaiter, soupirer après, viser.
a) Prétendre à + subst. ou pron. Il reste pour moi quelque chose de surnaturel dans les circonstances d'un effacement humain aussi complet. Il serait par trop vain d'y prétendre et je me persuade aisément que cette ambition (...) ne témoigne de rien que de peu honorable (BRETON, Nadja, 1928, p.18). Tout désirer, tout deviner, prétendre à tout au fond de soi-même, c'est un grand malheur pour un garçon qui est obligé de vivre médiocrement (COLETTE, Naiss. jour, 1928, p.54).
‚ÄĒ En partic., vieilli. Pr√©tendre √† (la main de) telle personne. Souhaiter l'√©pouser. Je touchais cet anneau qui me s√©parait d'elle √† jamais (...). ‚ÄĒQuoi! me disais-je, j'aurais pu pr√©tendre aussi √† elle! (...) mon nom, mon √Ęge, ma fortune, tout me rapprochait d'elle (KR√úDENER, Val√©rie, 1803, p.80). [La demoiselle de compagnie] n'avait pas tard√© √† reconna√ģtre que tous ces pr√©tendants dont elle √©tait assi√©g√©e pr√©tendaient √† tout except√© √† sa main (FEUILLET, Honn. d'artiste, 1890, p.22).
b) Pr√©tendre √† + inf. Il est vraiment, dans ce Paris admirable, bien des maisons qui, chacune, peuvent pr√©tendre √† √™tre la premi√®re, et toutes le sont (MALLARM√Č, Dern. mode, 1874, p.728). Pour avoir pr√©tendu √† tout expliquer, il n'a rien expliqu√© (MASSIS, Jugements, 1923, p.127).
‚ÄĒ Rare, vx. Pr√©tendre de + inf. L'homme peut aspirer √† la vertu: il ne peut raisonnablement pr√©tendre de trouver la v√©rit√© (CHAMFORT, Max. et pens., 1794, p.59).
C. ‚ÄĒP√©j. Avoir des ambitions exag√©r√©es, des vis√©es hors de proportion avec ses capacit√©s ou avec les possibilit√©s r√©elles. Synon. se flatter, se piquer, se targuer, se vanter de.
1. a) Pr√©tendre + inf. Pr√©tendre conna√ģtre, d√©montrer, expliquer, faire, imposer, juger, poss√©der, savoir, trouver. Rien de plus p√©rilleux et de moins justifi√© que de pr√©tendre √©tablir une exacte proportion entre le ch√Ętiment et la faute morale (BLONDEL, Action, 1893, p.270). Les hommes qui ont la triste audace de pr√©tendre conserver l'unit√© nationale dans la honte de l'armistice sont les m√™mes qui, d√©j√†, passent leur temps √† calculer quelle police, (...) quel syst√®me de menaces, de censure, de d√©lation leur sont n√©cessaires pour maintenir autour d'eux quelque apparence d'ordre public (DE GAULLE, M√©m. guerre, 1954, p.675).
‚ÄĒ Sans pr√©tendre + inf. V. √Ęme ex. 25.
‚ÄĒ Ne pas pr√©tendre + inf. N'avoir pas la pr√©tention de. Je ne pr√©tends pas √™tre infaillible (BEAUVOIR, Mandarins, 1954, p.177).
b) Rare. Prétendre que + prop. au subj. Quand une chose me plaira, je ne prétends pas qu'elle te plaise, encore moins qu'elle plaise aux autres. Le ciel nous préserve des législateurs en matière de beauté, de plaisir et d'émotion! (TAINE, Voy. Ital., t.1, 1866, p.4).
2. Pr√©tendre √† + subst. ou inf. Elle pr√©tendait √† une finesse sans bornes, et toujours souriait avec malice; (...) elle voulait, par un sourire malin, faire entendre autre chose que ce que disaient ses paroles (STENDHAL, Chartreuse, 1839, p.109). Non qu'elle e√Ľt le ridicule de pr√©tendre √† le diriger dans l'art: elle (...) connaissait ses limites (ROLLAND, J.-Chr., Nouv. journ√©e, 1912, p.1549).
II. ‚ÄĒAffirmer cat√©goriquement (g√©n√©ralement quelque chose de contestable), soutenir une hypoth√®se peu cr√©dible avec une assurance exag√©r√©e, sans preuve √† l'appui. Synon. assurer, avancer, d√©clarer, garantir.
A. ‚ÄĒ1. Pr√©tendre + subst. ou pron. Vous allez pr√©tendre que j'ai accept√© en paiement des tissus mit√©s? ‚ÄĒJe ne pr√©tends rien. Je dis seulement que le march√© a √©t√© conclu (VAN DER MEERSCH, Invas. 14, 1935, p.317).
2. Prétendre + subst. + attribut. Assurer fermement que telle chose ou personne est pourvue de telle qualité. V. appareillage ex. 3.
‚ÄĒ Empl. pronom. r√©fl. Se pr√©tendre + attribut. Se pr√©senter (g√©n√©ralement √† tort) comme pourvu de certaine qualit√©, se faire passer pour. Vous vous pr√©tendez sans talent litt√©raire, jeune pr√©somptueux! (...) Vous vous vantez! (VILLIERS DE L'I.-A., Contes cruels, 1883, p.48). Rapaces qui se pr√©tendent leurs bienfaiteurs (MARAN, Batouala, 1921, p.10). Il pr√©tend qu'il descend en droite ligne de Scipion l'Africain. Ce sont des choses auxquelles il ne croit pas (...). Nombre de hauts personnages, √† notre √©poque, se pr√©tendent issus d'un h√©ros antique (MONTHERL., Malatesta, 1946, III, 5, p.502).
B. ‚ÄĒ Pr√©tendre + inf. Pr√©tendre tenir de. Un interminable monologue, o√Ļ elle pr√©tendait confus√©ment en avoir assez de tout, et se lib√©rer, (...) enfin des exag√©rations (MIOMANDRE, √Čcrit sur eau, 1908, p.263). Descartes pr√©tendait √™tre le ma√ģtre de ses r√™ves: la m√©decine contemporaine nous affirme que ce n'est pas impossible (MOUNIER, Trait√© caract., 1946, p.61).
C. ‚ÄĒ1. Pr√©tendre que + adv. d'affirm. ou de n√©g. Je ne suis plus qu'un honn√™te bourgeois (...) encore, honn√™te, c'est moi qui le dis, mais il y en a qui pr√©tendent que non (BARR√ąS, Cahiers, t.11, 1917, p.234).
2. Prétendre que + prop. à l'ind. ou au subj. après nég., interr. ou au cond. si le fait est considéré comme éventuel. Oser prétendre que. Ma femme prétendait que vous tomberiez amoureux de la jeune lady et moi j'affirmais que les philosophes sceptiques ne s'enflamment pas si aisément (TOCQUEVILLE, Corresp. [avec Gobineau], 1844, p.75). J'ai reçu une lettre de reproches de la jeune Bosquet, qui prétend que je l'oublie. Cela est parfaitement vrai; mais s'il fallait fréquenter tous ses amis, on ne rentrerait pas chez soi (FLAUB., Corresp., 1865, p.174). Je ne prétends pas que je fusse coupable: c'était ainsi, voilà tout (SARTRE, Mots, 1964, p.54). V. dieu 1re Section III B ex. de Ponchon.
Rem. Le subj. n'est pas nécessairement utilisé après une prop. avec prétendre à la tournure nég. ou interr.: Manente: Prétendez-vous que votre Silvio a posé ses pieds dans le feu? (...) Bartholomeo: Pas un honnête homme ne prétendra que Silvio a eu peur (SALACROU, Terre ronde, 1938, III, 2, p.237).
D. ‚ÄĒRare, empl. abs. On avait beau (...) jurer! pr√©tendre! m√™me exag√©rer si possible!... Elle hochait quand m√™me incr√©dule! (C√ČLINE, Mort √† cr√©dit, 1936, p.492).
Prononc. et Orth.:[]. Ac. 1694, 1718: pre-; dep. 1740: pr√©-. √Čtymol. et Hist.I. A. 1. 1320 pretendre de suivi d'un subst. d√©signant une chose ¬ędemander, r√©clamer (un droit)¬Ľ (ds ISAMBERT, Rec. g√©n. des anc. lois fr., t.3, p.252); 2. 1587 pretendre de suivi d'un inf. ¬ęavoir l'intention de, esp√©rer pouvoir faire¬Ľ (LANOUE, [Discours pol. et milit.] 632 ds LITTR√Č). B. Pretendre a 1. a) suivi d'un subst. d√©signant une chose [empl. att. au sens de ¬ęr√©clamer (un droit)¬Ľ ds N. DE WAILLY, El√©m. de palo√©gr., Paris, t.1, 1838, p.160: copie de 1665 d'un vidimus en date de juin 1313 par Renaud, √©v√™que de Metz, d'un acte de Renaud, comte de Bar, de mars 1118, Arch. nat. T 201, n¬į 70, cf. GDF. Compl.] ) 1409 ¬ęaspirer √†, rechercher¬Ľ pretendre a union (BOUCICAUT, M√©m., III, V ds Nouv. coll. de m√©m. rel. √† l'Hist. de France, √©d. Michaud et Poujoulat, t.2, p.295b); 1re moit. XVes. [ms. XVIes.] pretendre a la bonne foi (St Eustache, √©d. H. Petersen, 176, M√©m. St√© neo-philol. de Helsingfors, t.7, 1924, p.196); ) 1559 sp√©c. (AMYOT, trad. PLUTARQUE, Hommes illustres, Comp. de Timol√©on avec Paul-Emile, II, √©d. G. Walter, t.1, p.615: Il [Dion] aspirait et pretendait a ne sais quelle seigneurie et principaut√©); b) 1668 suivi d'un subst. d√©signant une pers. pretendre a [une femme] (MOLI√ąRE, Avare, IV, 4); 2. Ca 1470 suivi d'un inf. ¬ęchercher √†, tenter de¬Ľ (GEORGES CHASTELLAIN, Chron., √©d. Kervyn de Lettenhove, t.4, p.323: ceux qui ont pretendu √† moy desfaire). C. Pretendre 1. suivi de l'inf. a) 1459 ¬ęchercher √†, aspirer √†, tenter de¬Ľ pretendre avoir vain pasturage (Coutumes de Bourgogne, XIII, V ds Nouv. coutumier g√©n., √©d. Bourdot de Richebourg, t.2, p.1180); ca 1590 (MONTAIGNE, Essais, III, IX, √©d. P. Villey et V. L. Saulnier, p.949); b) 1531 [√©d.] ¬ęvouloir fermement¬Ľ (J. DE VIGNAY, Mir. hist., II, fol. 10b ds GDF. Compl.); c) 1670 ¬ęavoir la pr√©tention de, se flatter de¬Ľ (PASCAL, Pens√©es, 84 ds OEuvres, √©d. J. Chevalier, p.1108: il est arriv√© √† peu de pr√©tendre conna√ģtre toute chose); 2. suivi d'un subst. d√©signant une pers. 1638, 8 janv. pr√©tendre [une femme] (VOITURE, Lettres, LXXXVI ds OEuvres, √©d. Paris, J. Clousier, t.1, 1734, p.200: de tant de belles il n'y en a pas une seule que je pr√©tende). D. 1669 pr√©tendre que suivi du subj. je ne pr√©tends pas que ¬ęje n'admets pas, je ne veux pas que...¬Ľ (MOLI√ąRE, Pourceaugnac, I, 4). II. 1. Ca 1380 ¬ęaffirmer fermement, soutenir, all√©guer¬Ľ (JEAN LEF√ąVRE, Vieille, 6 ds T.-L.); fin XVes. empl. avec attribut (COMMYNES, M√©m., V, 11, √©d. J. Calmette, t.2, p.164: disant que le roi la pretendoit sienne [la ville d'Arras)]; 1759 r√©fl. empl. avec attribut (VOLTAIRE, Candide, XXII, √©d. R. Pomeau, 1979, p.188: jugea que la dame qui se pr√©tendait Cun√©gonde √©tait une friponne); 2. 1661 pr√©tendre que suivi du subj. (MOLI√ąRE, √Čcole des maris, II, 8). Empr. au lat. praetendere prop. ¬ętendre en avant; √™tre situ√© devant¬Ľ fig. ¬ęall√©guer, invoquer, pr√©texter¬Ľ √† l'√©poque class.; ¬ęr√©clamer (une dette)¬Ľ √† basse √©poque (Digeste de Justinien); ¬ęaffirmer fermement¬Ľ au Moy. √āge (1310 ds DU CANGE). Fr√©q. abs. litt√©r.:6710. Fr√©q. rel. litt√©r.:XIXes.: a) 9981, b) 6803; XXes.: a) 8813, b) 11074. Bbg. BERRENDONNER (A.). Le Fant√īme de la v√©rit√©. Ling. S√©miol. 1977, n¬į 4, pp.130-160.

pr√©tendre [p Äet…ĎŐÉd Ä] v.¬†tr. [CONJUG. tendre (‚Üí Rendre).]
√ČTYM. 1320; empr. au lat. pr√¶tendere ¬ę tendre en avant, pr√©senter ¬Ľ.
‚ĚĖ
1 Vx ou litt√©r. Poursuivre (ce que l'on r√©clame comme un droit). ‚áí Demander, exiger, r√©clamer, revendiquer (‚Üí Attendre, cit.¬†66; exemption, cit.¬†4; gr√Ęce, cit.¬†91; jour, cit.¬†15). || Pr√©tendre une chose de qqn. || Ne rien pr√©tendre √† qqch., dans qqch. ‚ÄĒ REM. Cet emploi, vieux avec un nom d√©termin√©, se rencontre encore (litt√©r.) avec un pronom neutre ou ind√©fini.
1 Sans vous demander rien, sans oser rien prétendre (…)
Racine, Mithridate, I, 2.
2 Il crut que sans prétendre une plus haute gloire,
Elle lui céderait une indigne victoire.
Racine, Mithridate, I, 1.
3 (…) il faut songer que tes nouveaux enfants, n'ayant rien à prétendre dans l'héritage de ceux du premier lit, se trouveraient dans la misère si tu venais à mourir (…)
G. Sand, la Mare au diable, IV.
4 Les patriotes allemands (…) n'ont rien négligé pour alarmer les nations, les avertir qu'ils prétendent un empire universel.
Michelet, la France devant l'Europe, in¬†Ňí.¬†choisies, p.¬†397.
♦ (XIVe). Vx. Poursuivre (une chose que l'on désire). ⇒ Désirer, vouloir. || Prétendre la main de qqn; prétendre qqn (pour l'épouser). → ci-dessous, prétendu.
5 (…) il faut (…) cesser toutes vos poursuites auprès d'une personne que je prétends pour moi (…)
Molière, l'Avare, IV, 3.
2 (D√©b. XVe). Mod. Litt√©r. (ou style soutenu). || Pr√©tendre √†¬†: aspirer ouvertement √† (ce que l'on consid√®re comme un droit, un d√Ľ). ‚áí Aspirer, tendre (‚Üí Bapt√™me, cit.¬†7). || Pr√©tendre √† un √©tat (cit.¬†86), √† un parti (‚Üí Haut, cit.¬†40), √† un rang (‚Üí √Čterniser, cit.¬†4). ‚áí Ambitionner. || Pr√©tendre √† un h√©ritage, √† une succession. ‚áí Lorgner (cf. Se mettre sur les rangs). || Les mystiques fascistes (cit.¬†4) n'ont jamais pr√©tendu √† un empire universel. || La musique (cit.¬†17) ne pr√©tend plus √† la consonance et √† l'harmonie.
6 Personne ne peut mieux prétendre aux grandes places que ceux qui ont les talents.
Vauvenargues, Réflexions et maximes, 440.
7 (…) le petit Médard et Lahrier ne pouvaient, eux non plus, prétendre à l'avancement, étant, l'un un gamin et l'autre un amateur (…)
Courteline, Messieurs les ronds de cuir, 6e tableau, I.
8 N'était-ce pas de son devoir de montrer à ces militaires aimables certes, mais bornés, ce à quoi peut prétendre, dans les domaines de l'action et de la pensée, un aristocrate qui a suivi les cours de Victor Cousin et tutoyé Michel de Bourges ?
Pierre Benoit, Mlle de La Ferté, I, p. 11.
♦ Vx. || Prétendre à une femme (pour l'épouser).
♦ Prétendre à un titre, à une responsabilité (⇒ Endosser), les revendiquer. || L'amabilité à laquelle vos Français prétendent à tort ou à droit (→ Maturité, cit. 6).
9 Ma bohémienne ne pouvait prétendre à tant de perfections.
Mérimée, Carmen, II.
10 L'id√©e d'√™tre un homme infatue tous les hommes¬†: comble de ridicule en presque tous. Comme s'il √©tait permis √† leur indigence d'y pr√©tendre; et comme s'il n'en co√Ľtait pas toute leur fortune, m√™me aux h√©ros.
Andr√© Suar√®s, Trois hommes, ¬ę Ibsen ¬Ľ, VIII.
♦ Prétendre à… (suivi de l'inf.). || Je prétendais à gagner le ciel (cit. 49). → aussi Durer, cit. 14; 1. lever, cit. 10.
11 Sans prétendre à vous obtenir, je m'occupai de vous mériter.
Laclos, les Liaisons dangereuses, XXXVI.
12 Jamais il n'e√Ľt os√© pr√©tendre √† √©pouser la pythonisse, la vierge sacr√©e.
Cocteau, les Enfants terribles, p. 145.
13 (‚Ķ) l'audacieux qui pr√©tend √† √©crire, apr√®s tant d'autres, une ¬ę Vie de J√©sus ¬Ľ se sent retenu par le scrupule¬†(‚Ķ)
Daniel-Rops, Jésus en son temps, Introd., p. 69.
♦ Vx. || Prétendre de…
14 C'est en vain que tu prétendrais de le déguiser : l'affaire est découverte (…)
Molière, l'Avare, V, 3.
3 (V. 1460). Cour. Avoir la ferme intention, la volont√© de‚Ķ (avec la conscience d'en avoir le droit, le pouvoir). ‚áí Entendre, 1. vouloir. ‚ÄĒ (Suivi de l'inf.). || Je pr√©tends √™tre ob√©i. ‚áí Flatter (se flatter de). ‚Üí aussi Gourmander, cit.¬†1; gratuitement, cit.¬†8. || ¬ę Qui pr√©tend contenter (cit.¬†3) tout le monde et son p√®re ¬Ľ. || Que pr√©tendez-vous faire¬†? (‚Üí Hormis, cit.¬†6). || Cette libert√© que nous pr√©tendons repr√©senter et d√©fendre (‚Üí Insubordination, cit.¬†1). || Chacun pr√©tend dire ce qu'il veut (‚Üí Ombrageux, cit.¬†3). ‚ÄĒ (En parlant d'une pr√©tention injustifi√©e ou d√©mentie par les faits). || Perrette ¬ę pr√©tendait arriver sans encombre √† la ville ¬Ľ (‚Üí Coussinet, cit.¬†1). || Ce qu'on pr√©tendait lui cacher (cit.¬†24). || L'enfant qui pr√©tend donner des le√ßons √† ses parents (‚Üí Monde, cit.¬†33). ‚ÄĒ (La pr√©tention √©tant injuste, condamnable). ‚Üí Asservir, cit.¬†7; attenter, cit.¬†9.
15 C'est en vain (…) qu'on prétend donner aux choses humaines une solidité qui n'est pas dans la nature (…)
Rousseau, Julie ou la Nouvelle H√©lo√Įse, V,¬†II.
16 (…) avec un énorme aplomb, et un tout petit dictionnaire de poche, (il) prétendait servir d'interprète à la délégation (…)
Alphonse Daudet, Tartarin sur les Alpes, IX.
17 J'avais fait tirer un nombre mortifiant d'exemplaires de mon premier livre (‚Ķ) Je pr√©tendais trier d√©sormais mes lecteurs; je pr√©tendais, excit√© par Albert, me passer de cornacs; je pr√©tendais (‚Ķ) je pr√©tendais courir une aventure qu'aucun autre encore n'e√Ľt courue.
Gide, Si le grain ne meurt, I, IX, p. 250.
‚ô¶ Je pr√©tends ne pas‚Ķ (‚Üí Esclave, cit.¬†9)¬†: je consid√®re, j'estime fermement ne pas‚Ķ ‚ÄĒ Je pr√©tends ne pas ob√©ir¬†: je refuse d'ob√©ir. ‚ÄĒ Je ne pr√©tends pas‚Ķ¬†: je n'ai pas la pr√©tention de‚Ķ (‚Üí Champi, cit.¬†1; gouverner, cit.¬†13).
18 Non : mon intention n'est pas de vous rien déguiser. Je ne prétends point me défendre, ni vous nier les choses, puisque vous les savez.
Molière, George Dandin, III, 6.
19 (…) je n'ai point prétendu empêcher (…) Je l'aurais prétendu inutilement.
Racine, Britannicus, 1re préface.
♦ Par antiphr. || Je ne prétends pas… : je prétends ne pas… || Je ne prétends pas l'en tenir quitte (→ Marché, cit. 11).
20 (…) mais je ne prétends pas, moi, les avoir faites pour rien (mes écritures).
Molière, l'Avare, V, 6.
‚ô¶ Pr√©tendre que‚Ķ (suivi du subj.). ‚Üí Fouler, cit.¬†9; garder, cit.¬†39. || Il pr√©tend qu'on lui ob√©isse. || Tu pr√©tends que j'endure tes insolences¬†? (‚Üí √Čternellement, cit.¬†8). ‚ÄĒ Je ne pr√©tends pas que‚Ķ (‚Üí Acquitter, cit.¬†3).
21 (…) Mais au moins je prétends
Que monsieur Chicanneau, puisqu'il est là-dedans,
N'en sorte d'aujourd'hui (…)
Racine, les Plaideurs, II, 11.
22 (‚Ķ) pour √™tre assur√© qu'elle (la b√©n√©diction du ciel) porterait ses fruits, il pr√©tendit qu'elle v√ģnt d'un haut personnage de l'√Čglise.
Maurice Bedel, Molinoff, Indre-et-Loire, I.
4 (1380). Cour. Affirmer avec force; oser donner pour certain (sans nécessairement convaincre). ⇒ Affirmer, alléguer, avancer, déclarer, 1. dire, garantir, soutenir.
‚ô¶ (Suivi de l'inf.). || Il pr√©tend avoir fait‚Ķ (‚Üí Cache, cit.¬†1), √™tre‚Ķ (‚Üí Papier, cit.¬†26). ‚áí Pr√©sumer. || Elle pr√©tendait se conna√ģtre en musique (‚Üí Diff√©rence, cit.¬†15). || ¬ę Tu pr√©tends √™tre fort habile ¬Ľ (cit.¬†8). ‚ÄĒ Je ne pr√©tends pas √™tre avare, je pr√©tends ne pas l'√™tre (‚Üí √Čpargnant, cit.¬†1).
23 D'autant plus qu'il prétend nous avoir créés à son image : on déteste les mauvais miroirs.
Giraudoux, Amphitryon 38, III, 1.
‚ô¶ Pr√©tendre que‚Ķ (suivi de l'indicatif). || Il pr√©tend que‚Ķ (suivi du pr√©sent). ‚Üí 3. Droit, cit.¬†54; esp√®ce, cit.¬†2; laid, cit.¬†12. ‚ÄĒ Il pr√©tendait, il pr√©tendit que‚Ķ (suivi de l'imparfait). ‚Üí Mourir, cit.¬†18; pied, cit.¬†19; pli, cit. 12. ‚ÄĒ (Suivi du pr√©sent, en parlant d'une v√©rit√© g√©n√©rale). ‚Üí Caract√®re, cit.¬†16; garder, cit.¬†75; nier, cit.¬†4. || On a bien tort de pr√©tendre que‚Ķ (‚Üí Approfondir, cit.¬†14). ‚ÄĒ En pr√©tendant que‚Ķ (‚Üí Sous pr√©texte que‚Ķ). ‚ÄĒ (Suivi du futur, du conditionnel). || Pr√©tendre qu'une chose sera, se fera‚Ķ (‚Üí aussi Honn√™te, cit.¬†3). ‚ÄĒ On pr√©tendait, on a pr√©tendu qu'il serait possible de‚Ķ (‚Üí aussi H√©r√©ditaire, cit.¬†3). ‚ÄĒ Est-ce vrai, ce qu'on pr√©tend¬†? (‚Üí Indicateur, cit.¬†2). || √Ä ce qu'il pr√©tend‚Ķ¬†: √† ce qu'il dit (mais je n'en crois rien). ‚áí Soi-disant. || Si ces pauvres sauvages sont aussi malheureux qu'on le pr√©tend‚Ķ (‚Üí Policier, cit.¬†1).
24 Vous me demandez¬†: ¬ę Ce petit somme vous a-t-il √©t√© profitable¬†? ¬Ľ et vous venez pr√©tendre ensuite que vous ne m'avez pas questionn√©¬†!¬†(‚Ķ)
Courteline, Messieurs les ronds-de-cuir, 5e tableau, II.
REM. Comme pour les autres verbes d'opinion, la n√©gation et l'interrogation entra√ģnent normalement le subjonctif¬†: je ne pr√©tends pas qu'il l'ait dit; pr√©tendez-vous qu'elle ait raison¬†? (‚Üí Caract√©riser, cit.¬†1; ligne, cit.¬†17). On n'osait pas pr√©tendre qu'un excommuni√© d√Ľt‚Ķ (‚Üí Excommunication, cit.¬†2). Mais l'indicatif semble s'imposer au cas o√Ļ l'emploi du subjonctif cr√©erait une confusion avec le sens 3. Je ne pr√©tends pas qu'il le fasse sera interpr√©t√©¬†: ¬ę je ne d√©sire pas, je n'exige pas qu'il le fasse ¬Ľ. Si l'on veut dire¬†: ¬ę je n'affirme pas ¬Ľ, on emploiera l'indicatif¬†: ¬ę je ne pr√©tends pas qu'il le fera ¬Ľ (Hanse).
25 Mais de prétendre que je me sois donné tant de soins pour n'en pas retirer les fruits (…) Non, Vicomte, jamais.
Laclos, les Liaisons dangereuses, LXXXI.
26 Qui oserait cependant pr√©tendre que la pratique des vertus h√©ro√Įques soit le privil√®ge des moines¬†(‚Ķ)
Bernanos, Journal d'un curé de campagne, p. 80.
♦ (Avec un attribut). || Un lit qu'on prétend d'époque (cit. 13).
27 (…) elle voulut être affable, on la prétendit fausse (…)
Balzac, le Curé de village, Pl., t. VIII, p. 565.
‚ÄĒ‚ÄĒ‚ÄĒ‚ÄĒ‚ÄĒ‚ÄĒ
se prétendre v. pron.
√ČTYM. (1759).
♦ (Suivi d'un attribut). Prétendre, affirmer que l'on est… || La dame qui se prétendait Cunégonde (→ Fripon, cit. 4). || Se prétendre logé à… (→ Impécuniosité, cit. 1). || Se prétendre amoureux de l'ordre (→ Pensant, cit. 8).
28 Depuis le règlement définitif des comptes, chez M. Baillehache, elle se prétendait volée, elle ne tarissait pas en accusations abominables, lancées d'une cour à l'autre.
Zola, la Terre, V, I.
‚ÄĒ‚ÄĒ‚ÄĒ‚ÄĒ‚ÄĒ‚ÄĒ
prétendu, ue p. p. adj. et n.
1 (1611). Vx. Que l'on revendique, √† quoi l'on aspire. || Exclu ¬ę d'un rang vainement pr√©tendu ¬Ľ (Racine, Britannicus, III,¬†3). ‚ÄĒ (1665). Sp√©cialt. || Hymen pr√©tendu (‚Üí Honneur, cit.¬†17). || Mari, gendre pr√©tendu¬†: futur mari, futur gendre (‚Üí Moli√®re, in Littr√©).
29 (‚Ķ) votre pr√©tendu gendre n'aura plus de cŇďur √† donner √† Mademoiselle votre fille¬†(‚Ķ)
Marivaux, le Jeu de l'amour et du hasard, II, 1.
2 N. (1762). Régional. || Le prétendu, la prétendue de qqn, celui, celle qui doit l'épouser. ⇒ Fiancé, promis; mariage. || Sa prétendue (→ Beau-père, cit. 2).
30 (‚Ķ) les soins de son mariage avec mademoiselle de Troisville, conclu dans les premiers jours de l'ann√©e¬†1819, le retinrent (‚Ķ) au ch√Ęteau de son beau-p√®re, √† faire la cour √† sa pr√©tendue.
Balzac, les Paysans, Pl., t. VIII, p. 114.
31 C'était le comte Serlon de Savigny, le prétendu (disait la ville de V… dans son langage de petite ville) de Mlle Delphine de Cantor.
Barbey d'Aurevilly, les Diaboliques, ¬ę le Bonheur dans le crime ¬Ľ.
3 Adj. (1611). Que l'on pr√©tend √† tort √™tre, √™tre tel; qui passe pour ce qu'il n'est pas. ‚áí Apparent, 1. faux, soi-disant, suppos√©. || Un pr√©tendu crime (‚Üí Appr√©hender, cit.¬†9). || Cette pr√©tendue franchise (‚Üí Blessant, cit.¬†1). || Mes pr√©tendues contradictions (‚Üí Avarice, cit.¬†8), ma pr√©tendue force (‚Üí Humblement, cit.¬†5). || La pr√©tendue l√©g√®ret√© (cit.¬†9) des femmes (‚Üí aussi Fanatique, cit.¬†3; garantir, cit.¬†8; inexorable, cit.¬†4; infid√®le, cit.¬†15; malice, cit.¬†9). ‚ÄĒ Leur scepticisme pr√©tendu (‚Üí Affirmatif, cit.¬†4). || Son Dieu pr√©tendu (de Voltaire) n'est qu'un √™tre malfaisant (cit.¬†1). ‚ÄĒ (Modifiant un adj.). || √Čducation pr√©tendue humaniste (cit.¬†4). || Le pr√©tendu ¬ę tendre ¬Ľ Racine (Faguet). ‚ÄĒ (1671). || La religion pr√©tendue r√©form√©e, nom donn√© par les catholiques au protestantisme, au XVIIe si√®cle. Abr√©v.¬†: la R. P. R.
32 (‚Ķ) l'injustice de la Fronde, qui √©l√®ve sa pr√©tendue justice contre la force. Il n'en est pas de m√™me dans l'√Čglise, car il y a une justice v√©ritable, et nulle violence.
Pascal, Pensées, XIV, 878.
33 (…) le véritable marquis Caraccioli, fort différent du prétendu marquis Caraccioli, natif d'auprès de Tours, auteur d'une prétendue Vie de madame de Pompadour, et imprimeur des prétendues Lettres de ce pauvre pape Ganganelli.
Voltaire, Correspondance, 4363, 18 oct. 1776.
34 C'est une chose av√©r√©e qu'au moment o√Ļ M.¬†de Guibert fut nomm√© gouverneur des Invalides, il se trouva aux Invalides six cents pr√©tendus soldats qui n'√©taient point bless√©s et qui, presque tous, n'avaient jamais assist√© √† aucun si√®ge, √† aucune bataille¬†(‚Ķ)
Chamfort, Maximes, Sur la noblesse, XXIX.
‚ĚĖ
CONTR. (Du p. p.) Authentique, rare.
D√ČR. Pr√©tendant, pr√©tendument.
HOM. (Du p. p.) Prétendu.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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  • pr√©tendre ‚ÄĒ vti. pr√©t√™dre (Albanais.001), pr√©tindre (Aix, Chamb√©ry.025, VillardsFran√ßais Savoyard 1352 Th√īnes.028), C. => Tendre, ind. imp. pr√®t√®nyait (Peisey), pp. , pr√©t√™du / pr√©tindu, w√†, w√® (025b / 025a,028) ‚Ķ   Dictionnaire Fran√ßais-Savoyard


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